dimanche, mars 16, 2008

Caramel



Faire part des livres des films que j'ai aimé, et inciter mes rares lecteurs à courir vers leur dealer (de DVD)pour leur fournir de la bonne came, telle est la vocation de mon blog.
Exit les posts à caractère politique, que je déplacerai ailleurs.

Me voilà donc de retour, grâce/à cause d'un film sublime, Caramel, réalisé et magnifiquement interprété par la non moins sublime Nadine Labaki.

Une histoire de femmes, touchantes par leur sensibilité, leur féminité, leur liberté gagnée mètre par mètre et également leur férocité, leur félinité.

Une histoire beyrouthine, donc forcément parlante pour un Casablancais.

En voyant ce film, j'ai tout de suite pensé aux deux personnages féminins de L'insoutenable légèreté de l'être de Milan Kundera, magnifiquement adapté au cinéma.
D'un côté Sabina, miss "chapeau melon", interprétée au cinéma par Lena Olin, la femme qui incarne l'individualité, la liberté et la légèreté, cette délicieuse façon de ne prendre aucun engagement vis-à-vis de qui que ce soit.
De l'autre, Tereza, jouée par Juliette Binoche, la femme sensible, forcément en couple, forcément monogame, qui incarne la lourdeur et la force des engagements, les siens et ceux des autres.



J'ai longtemps partagé les femmes de mon univers en "Sabina" et "Tereza", en fonction de leur capacité à être une île, un singleton. Une façon de mesurer le niveau d'implication attendu de la part de l'autre et de voir si je pouvais et voulais y répondre (oui, je sais, j'étais un affreux célibataire endurci).
J'ai toujours considéré que cette classification était en même temps forte et insuffisante.

Au contraire, j'ai trouvé les femmes de Caramel très casablancaises: ambivalentes, paradoxales, félines, prédatrices et proies à la fois, complexes, hédonistes dans un univers sous contrainte, toujours entre deux camps. Et donc tellement séduisantes par leur complexité.

Enfin, comment ne pas parler de Nadine Labaki, la réalisatrice et actrice principale. Belle et talentueuse, c'est la femme absolue. A quand son prochain film?

dimanche, septembre 23, 2007

Bloguons Utile : Un post pour les jeunes détenus et l’AACRPE


Ils sont là parce que d’une façon ou d’une autre, ils ont enfreint la loi. Ils écopent de peines lourdes, et subissent l’enfermement pour des durées qui dépassent presque leurs âges. Un petit larcin, un vol à l’arrachée, un pétard fumé en pleine rue.
Les verdicts tombent sans compassion, leurs plus belles années volent en éclat, souvent pour des méfaits qui ne les auraient sans doute jamais inquiétés s’ils étaient nés du bon côté de l’oued. Dans une société de privilèges, on façonne le destin à notre gré d’un côté, on le subit du mieux qu’on peut de l’autre.
Les voilà condamnés.
Est ce le pire? Sans doute que non.
Les voilà oubliés, voilà le pire.
Hormis les actions menées dans le cadre associatif par de généreux bénévoles à l’image d’Assia El Ouadie dont le courage et la ténacité sont à saluer, il n’est guère de structure encadrante favorisant une réelle insertion dans la vie sociale et professionnelle une fois purgées leurs peines. Et pourtant, faut -il réellement soulever la question de savoir dans quelle mesure ce type d’expérience peut impacter la personnalité d’un individu? Est-il besoin de nombreuses études et analyses avant de comprendre que ces jeunes années d’enfermement peuvent être ravageuses si une réelle structure ne favorise pas une réinsertion réussie?
L’opinion publique ne peut occulter les destins brisés de ces mineurs qui pour la plupart ont simplement tenté de tromper leur misère ou leur faim le temps d’un vol.
Elle ne peut pas se désintéresser des conditions de détention de tous ces jeunes détenus à qui tout fait défaut, de l’éducation au soutien psychologique. Elle ne peut simplement pas les laisser livrés à eux-même, brebis égarées et proies faciles du fondamentalisme ou du terrorisme.
La colère de ces jeunes détenus doit pouvoir être résorbée sainement, faute de quoi elle risque d’éclabousser les murs de nos villes encore une fois, et nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.
C’est pour apporter un éclairage sur ces causes, peu aidées, pas suffisamment considérées, souvent oubliées, que nous avons décidé de créer le collectif Bloguons Utile. Loin de toute formalité, notre objectif est d’apporter modestement une contribution à ces causes, en faisant d’un loisir quotidien un loisir citoyen et utile.
Nous espérons ainsi créér une émulation autour d’un projet commun dans une blogosphère sans frontières.
Toutes les initiatives individuelles sont les bienvenues, la latitude pour agir est extrême et chaque contribution sera d’une grande aide.
Vous, blogueurs, lecteurs, internautes à vos heures perdues, pouvez nous aider en faisant vos dons (en espèces, chèque, ou virement bancaire) auprès de l’Association des Amis des Centres de Réforme et de la Protection de l’Enfance ou en collectant auprès de vos lieux de travail, vos écoles ou universités, vos voisins d’immeuble ou de quartier, votre centre de loisir ou votre entourage: des vêtements, des fournitures scolaires, des livres en français ou en arabe, du matériel informatique, etc.
Quelque soit l’écho de votre blog auprès du public, quelle que soit la portée de vos écrits, aucun post dédié à cette cause ne sera de trop, puisque chaque lecteur est un donneur potentiel.
Nous nous devons de mener cette action pour favoriser la réinsertion de ces mineurs, et d’encourager les individus, blogueurs ou pas, à apporter leur contribution à cette cause, que ce soit par le volontariat et le bénévolat auprès de l’association, le don financier ou en nature, ou en observant une conduite citoyenne au niveau des entreprises, afin de favoriser la réinsertion professionnelle et offrir des emplois à ces jeunes desquels souvent le marché du travail se détourne.
Tous unis derrière une cause, tous unis pour un Maroc meilleur et plus équitable.
Si vous ne faîtes pas encore parti du collectif Bloguons Utile, envoyez un mail à l’adresse bloguonsutile@gmail.com. Vous serez informés des manifestations en cours ou à venir, et pourrez intervenir activement au sein de l’organisation ou être à votre tour force de proposition pour de prochaines actions.
Tous les dons à l’association devront être versés à l’ACRPE (www.wladna.org)
RIB: 022.780.000.169.00.050.178.71.74 Swift : SGMB MAMC
ou déposés à l’adresse suivante: 6 Rue Houdhoud, Bd Mers Sultan - Appt 17 - Casablanca. (ou Contactez Fatim-Zohra Ammor au +21261 07 41 74)
Parceque notre collectif croit à l’effet papillon, nous comptons sur votre contribution.
A vos claviers.

Libellés :

jeudi, août 30, 2007

La chanson d'hélène

Emouvante, cette chanson tirée de la BO d'un très beau film de Claude Sautet avec Michel Piccoli et Romy Schneider, "Les choses de la vie".

Atterrissage en douceur

">

Petit post avant de reprendre les choses sérieuses: le clip de "Malo", une chanson de Bebe, une chanteuse espagnole qui est la sensualité faite voix.

Pour ce qui est du texte, c'est l'histoire d'une femme battue qui se révolte contre le minus qui la tabasse. Un texte rock'n'roll chanté par une voix faite pour dire "je t'aime". Et ça fonctionne!

Enjoy!

mardi, août 07, 2007

Le prix à payer



Le gouvernement a pris la décision de retirer du commerce les derniers numéros de Tel Quel et Nichane.

Il ne suffit plus à Tel Quel de faire de la publicité mensongère en racolant avec des unes tapageuses annonçant des articles creux, sans fond et sans le moindre effort de recherche. Cf. l'article en une du dernier n° sur la virginité, absolument creux, aussi peu documenté qu'un post sur un blog.
Maintenant, ARB veut rentrer dans la cour des grands. Celle des journalistes qui sont convoqués au commissariat, et qui ont un ticket pour pleurer dans la presse internationale. Pas n'importe laquelle. Non, celle qui présente notre régime politique comme une dictature sanguinaire, monolithique. Rencontre du 3ème type entre personnes vivant dans le fantasme du despote oriental...

Venons-en aux faits, pour être un peu plus pro qu'ARB: le gouvernement a pris la décision de retirer du commerce les derniers numéros de Tel Quel et Nichane.
Je n'ai pas lu le premier. En revanche, j'ai pu lire l'hebdo arabophone, notamment l'édito intitulé: "Sidna, ach katgoul?"
Voici le lien, pour vous faire votre propre opinion: http://www.hespress.com/?browser=view&EgyxpID=1801

La forme est absolument irrévérencieuse et manque de respect vis-à-vis du roi. Je suis de la vieille école, de ceux qui pensent qu'on ne doit jamais manquer de respect à une fonction ou à une institution, à moins d'en remettre en cause l'existence. Auquel cas, il faut avoir le courage d'avancer démasqué et d'en assumer les éventuelles conséquences.

Je trouve dans l'ordre des choses que la loi sanctionne les journalistes qui ne se conforment pas à certaines règles, dont le respect dû aux institutions. On peut parler de tout, mais poliment et en étant sûr de l'information avancée. Tel Quel avait déjà eu des problèmes avec la justice pour avoir traité une femme députée de...chikha!
Il y a des lois: qu'elles s'appliquent.

Pour ce qui est du fond, on pourrait résumer l'édito comme suit: "le roi a dit dans son discours que certains choix ne pouvaient pas être remis en cause par les elections de septembre 07, et qu'il lui revenait d'assurer la continuité et la fidélité à ces choix fondamentaux. Les partis et les elections ne servent à rien puisqu'ils ne sont pas destinés à faire des choix fondamentaux".

Je pense que le point de vue d'ARB, qui est tout de même libre de penser ce qu'il veut et qui n'est pas poursuivi pour cela, est extrêmement dangereux.

Le Maroc a aujourd'hui un projet de société. Cf. post précédent "nation building". Cela signifie que nous savons où nous voulons aller en tant que nation dans un horizon d'une génération, soit trente ans. Nous sommes un pays divers, écartelé diraient certains, où aucune mouvance culturelle ou politique ne peut représenter plus de 30% de la population: entre conservateurs et libéraux, arabes et berbères, urbains et ruraux, nantis et pauvres...la société marocaine est structurellement éclatée.

De plus, moins de la moitié du corps électoral, lui aussi constitué de seulement 60% de la population en âge de voter, participe aux élections et se sent de ce fait représenté par les partis politiques. Aucune famille politique ne peut donc prétendre représenter plus de 30% x 50% x 60% = 9% des adultes de ce pays. Et ça, même nos barbus le savent.
Aucune famille politique ne peut donc décemment prétendre présenter et défendre un projet de société. Seule la monarchie, qui tire sa légitimité de l'histoire et non des urnes et qui incarne la permanence du Maroc dans l'histoire en tant que l'un des plus vieux Etats-nations au monde, est en mesure de proposer et garantir une trajectoire pérenne.

Le roi a clarifié les choses: on ne va pas réinventer le fil à couper le beurre tous les 6 ans. Personne n'a de toutes façons la légitimité de le faire.

Pour ces élections, une partie de la classe politique a compris le rôle qui est le sien: (i) proposer aux électeurs une stratégie et un plan d'action détaillés et chiffrés pour atteindre l'objectif fixé et (ii) proposer au roi des hommes de talent pour mettre en oeuvre ce plan d'action, revu et corrigé selon les contraintes inhérentes à tout gouvernement de coalition. Tous les partis sérieux, notamment l'Istiqlal et l'USFP, ont élaboré un programme de gouvernement détaillé et chiffré. Ces programmes varient sensiblement sur des points importants tels que la fiscalité, le système d'enseignement, la stratégie économique, la répartition des richesses. Des divergences normales entre partis politiques dans un sytème apaisé, où on ne renverse pas la table à chaque occasion. L'heure est aux Bismarck et aux Cavour: des bâtisseurs, et non des destructeurs. C'est ce qu'on appelle l'âge de raison...

Appeler indirectement les gens à ne pas voter, c'est de la désobeissance civique, à la limite de la désobeissance civile: c'est très grave! Saboter les efforts de l'Etat pour organiser des élections transparentes, et les partis politiques qui ont travaillé pour la 1ere fois de leur existence sur des programmes concrets, chiffrés et opérationnels, c'est très grave!

Est-ce vraiment d'actualité de parler de réforme constitutionnelle pour rogner les pouvoirs du roi -alors que la monarchie n'a jamais été aussi populaire et à l'écoute du pays- et de laicité -alors que la société se sécularise en silence et que cela ne ferait que réveiller ses ennemis?
Je fais partie de ceux qui pensent qu'il faut profiter du fait d'avoir un bon roi et se mettre au travail en profitant de la marge de manoeuvre dont on dispose, sans remettre en cause inutilement le rapport de forces.

Heureusement, ARB et autres journaleux ne pèsent pas plus qu'un pet. Les chiens aboient, la caravane passe: le pays avance malgré tout. Le pays se réforme, des décisions se prennent, malgré tout.

Voilà, c'est dit, je peux partir en vacances tranquille et à mon retour j'irai voter parce que cela impacte ma vie, à la marge certes. Mais mieux vaut ça que le cynisme de moralisateurs médiocres.

lundi, août 06, 2007

Paradise now!


Petit post joyeux avant d'aller en voyage. Il a fallu que je lutte contre moi-même pour ne pas vous refaire le coup du post politique.

Donc, J-4 et 14 heures de vol pour plouf plouf avec Nemo à -18m la journée, massage face au coucher du soleil sur la plage, dîner pêché à quelques mètres de là et soirée passée pieds nus dans le sable jusqu'à 3h du matin à raconter à la jeune fille d'à côté qu'elle a de jolis orteils.

Profitant du temps libre entre la plongée et les massages, j'ai bon espoir de pouvoir lire les livres que j'emporterai dans mon sac à dos:

- Allah n'est pas obligé, Monnè, outrages et défis et Les soleils des indépendances d'Ahmadou Kourouma, que j'ai souvent évoqué.

- Le chanteur de tango, de Tomas Elroy Martinez. Un roman dont l'histoire se déroule à Buenos Aires. L'Argentine, ma priorité lorsque j'aurai la folle audace d'oser découvrir autre chose que l'Asie et ses eaux tropicales pendant mes 24 jours de bonheur annuel.

- La possibilité d'une île, de Michel Houellebecq. J'avais lu Les particules élémentaires, que j'avais trouvé particulièrement bien écrit. Ce dernier livre avait provoqué une vive polémique pour islamophobie: ceux qui l'ont alimenté n'ont rien compris au livre ou, pire, ne l'ont pas lu. Comme quoi, on n'a jamais tort de se méfier de la fainéantise intellectuelle des journalistes...

- Succession ouverte, de Driss Chraïbi.

- Le maître des âmes, d'Irène Nemirovsky. Mon premier livre de cet auteur apparemment immense.

- Mon nom est Rouge, d'Orhan Pamuk. C'est mon livre de chevet du moment: vu la vitesse à laquelle je le lis, il y a de fortes chances que je l'emporte avec moi, ou que j'en abandonne la lecture.

Mon feedback dès mon retour.

PS: pour la photo, je l'ai prise à Ubud (Bali) l'an dernier. Cette image de rizière en terrasse rappellera certainement aux cinéphiles L'année de tous les dangers, un excellent film avec Mel Gibson et Sigourney Weaver tourné en Indonésie.

mardi, juillet 17, 2007

Nation building


A la question "le Maroc a-t-il aujourd'hui un projet de société?", la réponse apportée par les journalistes, ou d'autres, est non. Je pense au contraire qu'une perspective est tracée quant à notre devenir en tant que nation.

Le Maroc a aujourd’hui un projet de société implicite mais clair. Certes, ce projet n’est pas l’aboutissement d’un débat démocratique: il a été pensé au niveau d’une instance tirant sa légitimité de l’histoire et non des urnes. On peut en contester la substance, les modalités d'élaboration, mais pas l'existence.

On pourrait résumer ce projet d'une phrase: donner naissance à une société ouverte où les initiatives privées, qu’elles soient économiques, culturelles ou sociales, sont facilitées et stimulées par l’Etat.

Cette orientation est sous-tendue par une vision de l’homme, de l’Etat, de l’histoire et de la nation marocaine.

Une vision de l’homme, puisque ce projet est par essence libéral et donc suppose que chacun est libre et responsable de ses propres actes, et autonome par rapport à sa famille, sa tribu, son quartier...

La nouvelle moudawana, qui autonomise les femmes par rapport à leur famille et à leur mari, est une manifestation de cette vision profondément libérale de l'homme.

Pas de rousseauisme donc, mais pas de grégarisme non plus.

Une vision de l’Etat, dont les missions ont été repensées. L'Etat aujourd'hui a un rôle d'incitation, tant pour ce qui est de l'économie que de l'action sociale. Un Etat "light" en quelque sorte, ayant pour but de mettre en place les conditions financières et légales favorables aux initiatives jugées souhaitables.

Deux exemples: l'INDH, où l'Etat ne fait qu'aider des initiatives privées d'amélioration des conditions de vie des populations. Et l'habitat social, puisque l'Etat promoteur immobilier a été substitué par des promoteurs privés qui bénéficient de conditions fiscales exceptionnelles. Dans les 2 cas, plus la peine d'entretenir un bataillon de fonctionnaires. Il est plus utile d'avoir quelques têtes bien faites plutôt qu'une armée de petites mains. D'où, également, le programme des DVD.

Dans ce genre de configuration, l'Etat ne peut plus être une entité autonome, mue par ses propres intérêts dans une logique de prédation. Ce n'est plus non plus la mère nourricière à laquelle on peut exiger un emploi ou une rente.

Enfin, une vision de la nation et de l'histoire. Nous sommes arabes, mais pas seulement. Musulmans, mais pas seulement. Africains, mais pas seulement. Andalous, mais pas seulement. Berbères, mais pas seulement. Francophones, mais pas seulement. Ceci signifie d'une part que notre identité est polyphonique et que d'autre part, étant à l'intersection d'autant d'éléments, elle est une combinaison unique. Le Maroc a été une île face à l'empire ottoman. Nous devons rester une île. Tant face au tourbillon du Moyen-Orient qui risque de nous emporter au fond du trou, que face à l'Occident qui de toutes façons ne veut pas de nous.

Le fait de réhabiliter la langue amazighe, la libération des ondes et l'emergence d'un son marocain si spécifique et tellement éloigné de la musique sirupeuse made in Rotana, tout cela concourt à notre insularité.

Sacré défi que celui de bâtir son identité sur une polyphonie dans une société libérale et ouverte aux influences du monde!

Et ça marche! Par je ne sais quel miracle, nous avons retrouvé la fierté d'être marocains.

De cela, découle notre place dans la marche du monde. Notre vocation n'est pas de résoudre des problèmes qui ne sont pas les nôtres, mais de faire en sorte que nous puissions tirer notre épingle du jeu en ces temps troubles.

Peu à peu apparaît ce que le Maroc cherche à devenir: un pays cultivant son insularité mais ouvert sur le monde et profondément libéral.

Un jumeau du...Royaume-Uni. Chiche!

lundi, juillet 16, 2007

Le livre de nos mères




J'avais bien raison de me méfier de ce Procuste.


Parmi les auteurs que je n'allais probablement plus jamais relire, j'avais mentionné Albert Cohen. Seuls les imbéciles ne changeant pas d'avis, je refis une tentative en lisant Le livre de ma mère, le temps d'un vol de 3 heures. Une fois l'avion au sol, le livre terminé, j'étais sonné, ému, décidé à être un homme meilleur vis-à-vis de la femme que j'aime le plus au monde: ma mère.


Ecrit au lendemain de la mort de sa mère, Albert Cohen raconte la vie de celle-ci, qui vivait essentiellement par et pour son mari et son fils. L'histoire d'une mère juive sépharade, à l'image de toutes les femmes méditerrannéennes : aimante, protectrice à l'extrême, fière de sa progéniture. Une mère avant d'être une femme.


C'est aussi l'histoire d'un homme qui a été homme avant d'être fils, soucieux de bâtir sa vie, de se faire une place au soleil, quitte à faire oublier son origine orientale et modeste.


C'est enfin une histoire de remords et de regret. Regret de ne pas avoir assez fait et de ne pas avoir suffisamment dit son amour à sa mère. Remords pour ne pas avoir toujours bien agi à son endroit, pour avoir eu honte d'elle, pour lui avoir manqué de respect une fois - une fois de trop-, de l'avoir fait pleurer.


J'ai été profondément touché par cette histoire universelle d'amour filial qui rappelle que nos parents sont mortels et qu'il n'y a pas de temps à perdre.


Le grand Henri Verneuil, grand amateur de couscous (c'est plutôt le contraire:)), avait réalisé à la fin de sa vie un dyptique autobiographique, Mayrig et 588, rue Paradis, où il racontait les sacrifices consentis par amour pour lui par sa famille, son enfance de petit immigré parmi les bourgeois à Marseille et, adulte, la revanche prise sur la vie et la fierté de sa mère de voir son fils réussir et se voir protégée par lui.


Les similitudes entre le livre d'A. Cohen et les films de Verneuil sont fortes, tout comme leurs vies de réfugiés de l'empire ottoman ayant trouvé refuge à Marseille.

Sauf que Verneuil a eu le temps de choyer sa mère. Peut-être ce roman lui a-t-il été utile, lui qui était plus jeune que Cohen de 25 ans.


En tout cas, voilà une idée qui plaîrait à toutes les mères!


PS: la photo est extraite du film Vas, vis et deviens de Radu Mileanu. Un excellent film franco-israelien qui est une histoire d'imposture et d'amour maternel. A voir absolument!

mardi, juillet 03, 2007

Video Bebo Valdes & Diego EL Cigala





Bebo Valdes et Diego El Cigala: un duo improbable, éphémère par nature. Le vieux pianiste cubain et le jeune cantaor gitan n'ont enregistré qu'un seul album: "Lagrimas negras", qui reprend les standards de la musique classique cubaine à la sauce flamenca. Deux artistes, individuellement très talentueux, qui se sont sublimés le temps d'un album et d'une tournée au contact l'un de l'autre.

On en oublierait presque la difficulté d'allier la musique cubaine des années 50, langoureuse, avec le poderio du flamenco, cette grâce toute en puissance propre au flamenco et à la tauromachie à laquelle je suis particulièrement sensible.
Pour schématiser, lorsque la musique cubaine est mélancolique, le flamenco est colérique.

Cela fait 2 ans que je me passe l'album en boucle sans m'en lasser.
Mon seul regret d'intérêt public est d'avoir découvert cet album trop tard pour assister à l'un des rares concerts qu'ils ont donné.

Ici, j'ai repris ici leur interprétation de "Vete de mi" (il faut cliquer sur la photo, ou le lien ci-dessus), qui n'est pas le titre que je préfère. C'est dire à quel point il est urgent de s'emparer de tout l'album, sans oublier aucun titre...

lundi, juin 18, 2007

4 x 4



A nous deux, Procuste!

Il a fallu l'invitation de Zaz et Couscous Poulette et que ma fierté soit mise en balance, pour que je me décide enfin à consacrer quelques minutes pour répondre au - déjà- fameux questionnaire de Procuste.

En me prêtant à ce petit jeu, je me suis rendu compte que j'ai été très conditionné par mes lectures et que c'était là une façon de se mettre à nu.

Je renvoie donc la balle au Gitan, le seul blogger plus fainéant que moi, pour enfin connaître les lectures qui font de vous un bandit de grand chemin.


Les quatre livres de mon enfance

- Tous les romans de Jules Verne, notamment Le tour du monde en 80 jours et Michel Strogoff, eclairé par une lampe torche sous un drap bien après le couvre-feu de 21h.

- Kim, de R. Kipling. Je me rends compte que je continue à contourner cette Inde qui m'effrayait par sa nature exhubérante, ses religions...

- Toutes les histoires du Petit Nicolas. Parce que c'était marrant, et qu'elles ressemblaient à toutes les histoires de recré, en plus drôle.

- Le Lagarde et Michard, trouvé chez le bouquiniste de la rue Moussa Ibn Noussair


Les 4 auteurs que je lirai et relirai encore :

- Yasmina Khadra, pour son style très visuel. Mon préféré reste A quoi rêvent les loups, lu en une nuit blanche.

- Amélie Nothomb. Parce qu'elle a du talent.

- Stefan Zweig. Parce qu'il a du talent.

- Ahmadou Kourouma, que je viens à peine de découvrir. Il m'a maraboutisé. RDV après mon congé annuel pour un rapport sur son oeuvre complète.


Les 4 auteurs que je ne lirai probablement plus jamais

- Dostoievski: j'y suis complètement imperméable. J'ai pourtant tout essayé, mais ça ne prend pas.

- Albert Cohen: j'ai essayé de lire "Les belles du Seigneur", encouragé en cela par tous les cohenolâtres. Cohen aurait fait un excellent médecin anhestésiste.

- Tahar Benjelloun. Trop folklo.

- John Kennedy Toole. Ca tombe bien: il n'a écrit qu'un seul roman.


Les 4 premiers livres de ma liste à lire ou à relire

- La montagne magique de Thomas Mann. J'avais beaucoup aimé ce livre, il y a plus de 10 ans...

- 100 ans de solitude, de Garcia Marquez. Je me charge de combler cette énorme lacune la semaine prochaine.

- Les romans adultes de Roald Dahl. Mon oncle Oswald m'a donné envie de lire ses autres romans.

- La mère du printemps, et autres livres de Driss Chraibi faisant partie de ma to-do-list.



Les 4 livres que je suis en train de lire :

- Camorra, d'Hugues Rebell. J'ai pris ce livre sur un malentendu. Petit roman sur Naples au 19ème. Sans intérêt, mais il faut le finir...

- Un recueil de nouvelles italiennes de Henry James. L'Italie du 19ème vue par un Américain fasciné par la civilisation britannique, c'est comme Tintin au Congo...

- Renaissance et réforme, de Michelet. J'espère finir de le lire avant mes 50 ans...



Les 4 livres que j’emporterais sur une île déserte :

- Le fusil de chasse, de Yasushi Inoué. Mon livre préféré. Un roman triplement épistolaire japonais. Magnifique!

- Le livre de Marco Polo. Je n'ai pas encore eu le temps, ni la patience de m'y plonger.

- Les 1001 nuits. Parce que les nuits sont longues sur une île déserte.

- Les bouquins d'architecture et d'art de chez Taschen



Les premiers mots d’un de mes livres préférés

Le 1er chapitre de Métaphysique des tubes, d'A. Nothomb. Jubilatoire!


Les derniers mots d’un de mes livres préférés

J'ai rarement trouvé les derniers mots d'un livre intéressants. Je détourne donc cette question pour reprendre ce poème de Kipling:

"Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie,Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties,Sans un geste et sans un soupir,

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,Et te sentant haï sans haïr à ton tour,Pourtant lutter et te défendre,

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles,Travesties par des gueux pour exciter des sots,Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles,Sans mentir toi-même d'un mot,

Si tu peux rester digne en étant populaire,Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi

Si tu sais méditer, observer et connaître,Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,Rêver sans laisser ton rêve être ton maître,Penser, sans n'être qu'un penseur,

Si tu sais être dur sans jamais être en rage,Si tu sais être brave et jamais imprudent,Si tu sais être bon, si tu sais être sage,Sans être moral ni pédant,

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite,Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,Si tu peux conserver ton courage et ta tête,Lorsque tous les autres les perdront,

Alors les rois, les dieux, la chance et la victoire,Seront à tout jamais tes esclaves soumis,Et ce qui vaut bien mieux que les rois et la gloire,Tu seras un homme, mon fils."

jeudi, février 22, 2007

Partir un jour



Tout plaquer, changer de vie, troquer mon costard contre un sarong, un T-shirt et des tongs. Fuir -physiquement cette fois- les rêves étroits que d'autres ont fait pour moi et que je m'approprie progressivement, à mon corps défendant, en toute lucidité: la carte de visite, l'épouse jeune et jolie, la berline, l'appartement acheté à crédit sur 40 ans...


En un mot, lutter contre le vieillissement précoce, maladie contagieuse tranmise par la horde d'ex-noceurs peuplant mon univers, aujourd'hui rangés comme des tombes dans un cimetièrre en attendant d'être rattrapés par le démon de midi.

Partir donc, voilà la plus belle ambition de l'humanité. De préférence en Asie, continent dont j'ai entamé l'exploration au cours de mes 2 semaines de congé annuel lors des dernières années. En attendant de pouvoir un jour faire le Vietnam et le Laos à dos de Minsk 250cc, une moto comme seuls les soviétiques savaient en faire. Ou de visiter les plantations de thé du Sri Lanka à dos d'éléphant.

Tout ça pour vous parler d'un recueil de textes écrits par le grand Pablo Neruda "La solitude lumineuse". Neruda raconte, à la manière d'un grand oncle voyageur autour d'un bon repas, ses années en tant que consul à Colombo et à Jakarta. Des histoires de mangouste, de temple bouddhiste, de métisse euro-birmane pathologiquement possessive, de belle indienne aux seins lourds, de coolie portant un bonnet de cuisinier pour faire classe une fois de retour dans son village...


70 pages qui se lisent d'un trait et qui m'ont laissé sur ma faim. J'avais presque envie de me lécher les doigts pour retrouver le goût de ce carnet de voyage à la fois brillant et succint.


Comme diraient nos contemporains gavés au DVD aux hormones, à quand la saison 2?


PS: la photo, c'est Phi Phi Island avant le tsunami

lundi, décembre 04, 2006

Move your boudy!


Me voici de retour, après de nombreuses semaines d'absence.

Bon, je vais droit au but, pour participer au jeu des "six chansons qui me font fléchir le genou à plus de 28 degrés", sur invitation de Label Ash.

Celle depuis toujours : Staying alive, des Bee Gees. Dès que j'écoute cette chanson, les noms de lieux de crimes pas encore prescrits et de complices toujours en cavale me reviennent à l'esprit: le Saint, St Germain, jeudi soir...Non, finalement, je ne compromettrai personne.

Celle du moment : Déjà vu, de Beyonce. Black Beyonce is beautiful!

Celle qui donne chaud partout : Black magic woman de Carlos Santana. Santana, sponsor officiel des crocodile-style-attacks, en co-branding avec les vins Mateus!

Celle qui déménage grave : A Dios le pido, de Juanes. Terriiible!

Celle à l’insu de son plein gré : Billie Jean, de Michael Jackson. Chanson qui date de l'époque où le grand Michaell (stress on the l) était l'idole du Maarif de ma douce enfance, un vrai ould derb, soucieux du juste placement de ses parties, comme tout marocain sûr de sa virilité. C'est ce qu'on appelle un "soutien de (bijoux de) famille".

L’inavouable : 'Yal babour ya mon amour' de Reda Taliani ft 113. C'est vrai, j'avoue: j'ai attrapé la maladie du bouger-bouger au volant de ma voiture à cause de cette chanson. Vive les radios libres, vive Hit Radio!

Je serais curieux de lire les réponses de mon pote le gitan, et d'Ima la douce!

A vous les studios!

samedi, octobre 28, 2006

Studio 2M

Si on n'attrape des mouches avec du vinaigre, alors je me demande ce qu'on peut attraper avec une telle bogoss-attitude!

2 possibilités:
i-C'est un gars super mega 2nd degré. Auquel cas, si jamais il lit mon post, je veux bien devenir son pote
ii-sinon, j'organise un dîner chez moi vendredi prochain. J'invite quelques amis, et j'essaierai même de convaincre Francis Veber d'être des nôtres.

Vous l'avez compris: CECI EST UN AVIS DE RECHERCHE!

mardi, octobre 17, 2006

Coup de coeur ciné - Old Boy


Hormis la bouffe, je nourris également une passion pour le cinéma.
Mon fournisseur en DVD, ayant compris après quelques mois mon aversion pour Jackie Chan et Steven Seagal et lassé par mon insistance à dénicher quelques rares films italiens pré-berlusconiens dont il ne disposait pas, m'a fait découvrir un film que je n'aurais jamais acheté spontanément: Old Boy, un film coréen.
Plus qu'une agréable surprise, ce film est une claque. LE film de l'année . Grand prix du jury à Cannes en 2004. Toi public qui me regarde, cours vers ton dealer et harcèle-le pour qu'il te livre la trilogie de Park Chan-Wook sur la vengeance: Old Boy, Lady Vengence et Sympathy for Mr Vengence. Je suis à la recherche désespérée de ce dernier, by the way.
Old Boy est une histoire de vengeance à la sauce coréenne: délicieusement tordue. Hollywood ne peut pas produire de film similaire. A côté, Usual Suspects est un film pour fillettes en maternelle (ndlr: je ne suis pas macho :))
La mise en scène est soignée, la bande son efficace, les acteurs divins. Le tout au service d'un scenario très original.
Je ne gâcherai pas votre plaisir en vous racontant l'histoire.
Une dernière chose: les 20 premières minutes peuvent être rebutantes. L'affiche aussi. Tenez le coup, ça en vaut vraiment la peine!

mercredi, septembre 27, 2006

Urban legend


En ce mois de ramadan, je ne pouvais pas ne pas parler de bouffe. Plaisir intense et régulier: la sécurité d'une Volvo, le sex-appeal d'une Maserati.
Mais pour ce post, la bouffe n'est qu'un pretexte. Casa, comme la Rome de Fellini, bouillonne d'anecdotes, de personnages de roman, de quartiers qui deviendront mythiques lorsque la "modernité" finira par lisser toutes les aspérités de son visage émacié.
Parmi ces personnages de roman, Hitler, vendeur de chfenj sis Derb Lihoudi. Je n'invente rien!
Son surnom vient des bras tendus par les clients qui hurlent leur commande, billet de 20Dhs coincé entre le pouce et l'index.
Cela étant, Hitler vendant du chfenj à Derb Lihoudi, c'est pretexte à une guerre mondiale. Mais ça, c'est une autre histoire, et cette fois, Hitler n'y est pour rien...

mardi, septembre 12, 2006

Chronique gastronomique: Le Bistronome


Voici enfin ma 1ère chronique gastronomique. Les choses du ventre (et du bas-ventre, je t'entends d'ici Amine!) ont pour moi une importance capitale: c'est le seul plaisir fiable dans la vie.

Eh oui, regardons les choses en face, et n'en déplaise aux vantards(es): les jeux d'adultes n'offrent ni la régularité ni la constance des plaisirs du palais.

De plus, impossible de s'étaler sur ces sujets sur ce blog...

Donc, revenons à nos casseroles: je vous propose un système d'évaluation qui vous permettra de vous y retrouver rapidement.
Le resto: Le Bistronome

Successeur du O'Cosy, lui-même ayant pris la suite du Matisse, le Bistronome est, depuis mon retour à Casa, le 3ème concept décliné dans un des plus beaux petits restos de Casa. Je garde notamment un excellent souvenir des tons rouges du Matisse, de soirées passées avec des amis ou en tête-à-tête à boire du bon vin en écoutant de la musique des années 80. Bref, comme au Trica attenant, on s'y sentait plus à St-Germain qu'à Casa. La couleur a aujourd'hui viré au vert, la carte a changé, mais l'esprit des lieux demeure.
Cuisine: 3,5/5
La carte est très courte: seulement une demi-douzaine d'entrées, autant de plats et de desserts. Pour un resto français, c'est en général un gage que le chef maitrîse le sujet et que la cuisine ne peut pas être mauvaise.
Au Bistronome, j'ai trouvé que la cuisine était même excellente.
Mon tartare de saumon à l'huile de sésame était très bon: assaisonné juste ce qu'il faut. Ni fade, ni citronné. Ma référence ultime étant le tartare de saumon du Coffee Parisien (rue princesse, Paris VIème).
La salade aux gésiers de canard de la jeune-et-jolie-demoiselle-en-régime-permanent de la table d'à-côté avait l'air délicieuse et copieuse (je parle toujours de la salade...). En tout cas, elle fut engloutie en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire par celle qui se révéla être une ogresse au visage d'ange.
Comme plat, magret de canard aux champignons dans une sauce de sauge. Le magret était un peu trop cuit, mais au Maroc, le concept de viande rosée n'est pas complètement integré. En guise d'accompagnement, des champignons de Paris, croquants et des légumes verts (pointes d'asperge, petits pois, haricots verts) que je ne mange pas, ma religion me l'interdisant.
Ma camarade avait, elle, commandé un filet de St Pierre, cuisiné dans une sauce succulente mais difficilement identifiable: certainement à base de câpres et de citron confit. En tout cas, c'était suprenant et excellent. Comme accompagnement, des légumes émincés aussi fins que du papier à cigarette ayant ce même goût difficilement identifiable que le poisson.
Enfin, le meilleur pour la fin: une crème brûlée servie dans 2 pots. L'un pour une crème à la vanille, l'autre pour une crème au café. Alterner les deux relève l'arôme de chaque crème. A accompagner d'un café, même si c'est pour le dîner.
Cadre: 4/5
J'en ai suffisamment dit du bien en préambule: j'adore ce petit resto parce qu'on s'y sent plus près de la rue de Bucy que de la Corniche.
C'est aujourd'hui l'un des rares restos à Casa à faire moins de 100m² et à ne pas faire dans le tape-à-l'oeil.
L'éclairage par des spots projetant un faisceau de lumière vertical sur les tables couleur acajou, la couleur verte des murs (je préférais le rouge, mais bon...), les photographies géantes noir et blanc tapissant les murs, les vitraux du bar, les banquettes faisant le tour du resto, le sol noir, les luminaires des toilettes...bref, une multitude de détails originaux contribuent à donner au Bistronote une âme.
Ma préférence va pour les 2 tables donnant sur la rue dans une espèce de mini-jardin d'hiver, et isolées de la rue par des bambous. Très agréable en été.
Service: 4/5
Rien à dire. Rapide, efficace, aimable, pro...
Les concepts passent, les serveurs restent.
Quant au nouveau gérant, il est très attentionné sans être chiant.
Faune: 5/5
Le Matisse/O'Cosy/Bistronome a toujours été relativement peu frequenté pour des raisons qui m'échappent. C'est peut-être pour ça que j'ai toujours aimé y dîner ou y prendre un verre entre amis ou à 2.
La disposition des tables le long de banquettes facilite les discussions avec vos voisins. Vu l'esprit des lieux, cela ne peut être que sympa.
En résumé, ici ni zieutage ni fumée. Un coin pour ne pas voir et ne pas être vu. Bref, un endroit 100% écolo.
Excellent coin pour dîners en tête-à-tête ou entre amis.
Si le Bistronome était un personnage, ce serait Vincent Cassel: faussement négligé.
=> VERDICT : 16,5/20
Prix: 250Dhs/personne hors vin
Ce qui en fait un resto plutôt cher, mais dans la norme des bons restos sans prétention de Casa.
Compter 50-100 Dhs pour l'entrée, et 100-150 Dhs le plat. Dessert autour de 50 Dhs.